Je suis de dos à Bill. Malgré les efforts éprouvés lors de l'acte, je n'arrive pas à fermer à l'½il. J'ignore pourquoi, mais depuis tout à l'heure, je ne cesse de réfléchir. Enfin, ce mot est bien grand. Je suis plutôt en train de penser à « avant ».
Un « avant » qui est toujours d'actualité mais dont je parle déjà au passé.
Paradoxe.
J'en ai conscience. C'est ainsi. Ma réaction ne s'explique pas. Pourtant, je pense que quelqu'un nous connaissant peut nous comprendre.
Second paradoxe.
Notre relation est un véritable paradoxe.
Tout. Tout se contredit ces derniers temps...
Il m'aime. Je l'aime. Il part. Je reste. Logique ? Non. Pourtant, je reste.
Personne ne peut se permettre de juger mon choix. Disons, que je ne l'ai pas.
Si seulement je l'aurais...
Bill me quitte mardi. Oui, d'une certaine manière, il me quitte. Ce n'est pas une séparation. C'est seulement un éloignement. Deux mots si similaires à mes yeux ...
Je ne le verrais plus que deux fois, grand maximum, dans le mois... Légère différence, non ?
Pourquoi faut-il qu'il parte à l'autre bout du pays. Rien ne sera plus jamais pareil. Je le sais. Question de logique. La distance, les obligations, les changements, les durées qui s'allongent...et j'en passe. Tout cela nous handicapera.
Ce n'est pas de lui que je doute, mais plutôt de toutes ces centaines de kilomètres qui s'imposent entre nous.
Je me retourne pour le regarder. A mon plus grand étonnement, il est réveillé.
Je lui souris. Il me caresse la joue. Je l'interroge du regard.
Il me murmure :
Bill :- J'ignorais que tu ne dormais pas...
Il a l'air triste. Presque plus que moi. Je lui demande, inquiet :
Tom :- Qu'est ce qui ne va pas ?
Il soupire :
Bill :- Rien, je réfléchissais...
Je ne lui demande pas à quel sujet. Je le connais que trop bien. Je sais que c'est très dur de ne pas y songer.
Que veut il que je lui dise ? Je réagis tout à fait comme lui...
Je lui demande :
Tom :- Depuis tout à l'heure ?
Il acquiesce d'un hochement de tète.
Je prends le même ton de voix que le sien pour lui dire :
Tom :- Tout comme moi.
Et là, je ne comprends pas pourquoi, mais il me prend dans ses bras. Machinalement, mon front se pose sur son torse. Une sorte de mélancolie s'est instaurée entre nous, comme si, tout était fini...
Bill :- Que le temps passe vite...
Plus vite que l'on se l'imagine. Beaucoup plus vite. Il doit ressentir ma tristesse. J'ai beaucoup trop de mal et pas assez de force pour la lui cacher...
Le futur me semble si proche et si dur...
Tom :- Je ne peux m'empêcher de parler ainsi...
Sa main se pose sur ma nuque. Elle caresse mes dreads. Caresses apaisantes. Caresses reposantes...
Bill :- Comment ?
Il le sait, pourtant...
Tom :- Si négativement...
Je me resserre plus à lui. Je ne veux pas laisser la tristesse me troubler d'avantage. Je ne supporte pas ce sentiment. Il n'est jamais le bien venu. Et, pourtant, lorsqu'il arrive, on ne pense qu'à lui...
Bill :- Tom...Tu as l'air fatigué...
Je relâche un peu notre étreinte pour qu'elle soit plus confortable. Puis, laisse échapper un :
Tom :-Mm...
Il me répond :
Bill :- Je crois que l'on va dormir...
Je redresse la tète, pour le regarder. Ses paupières sont closes. Lui aussi a sommeil. Il y a de quoi. Il doit être près de trois heures du matin...
Bill :- Embrasse-moi, une dernière fois...
Il baisse un peu la tète, les yeux toujours fermés. Il a vu que je le regardais. Il sait très bien que je ne peux pas refuser...
Mes paupières se ferment. Mes lèvres se posent sur les siennes en un baiser doux et tendre... Je l'aime tant. C'est dingue...
Ses lèvres s'appuient d'avantage. Elles tremblent presque. Ce n'est pas agressif. Non. C'est plutôt émotif. Le baisé est passionné, malgré sa simplicité. Ma main se pose sur sa joue et la quitte immédiatement.
Je quitte ses lèvres, le regarder et lui demande :
Tom :- Pourquoi cette larme ?
Je ne pourrais pas dire que son visage est triste. La pièce est beaucoup trop sombre. Je ressens simplement ce sentiment. Je ne veux pas qu'il aille jusqu'à verser une larme. Pas maintenant. Pas devant moi...
J'essuie sa larme, et tente de piéger son regard malgré la noirceur de la chambre. J'ignore s'il en a versé d'autres. Je ne le veux pas. Elles ne changeront rien...
Bill :- Tom, je te le jure, on se verra le plus souvent possible...
Je lui dis, essayant de le rassurer :
Tom :- Je le sais bien...
Je l'embrasse et me recale confortement contre son torse. Sa chaleur me fait tant de bien...
Bill :- Notre relation est forte, sérieuse, elle ne peut que tenir...
Je lui répète :
Tom :- Je le sais bien...
J'ajoute :
Tom :- Ce n'est pas parce qu'il tant de distance entre nous, que l'on n'y parviendra pas...
Il murmure :
Bill :- Puisque tu le dis...
Je soupire
Tom :- Je te le dis...
Mes yeux se ferment. Je suis tellement bien dans ses bras. Je profite de sa douceur, de son odeur... ceux qui vont me mener vers les bras de Morphée...
Mais avant, je dois lui dire :
Tom :- Je t'aime...
Des mots si simples, mais si sincères...
Bill :- Moi aussi...
Je souris et lui souffle :
Tom :- A demain...
Il ne me donne pas de réponse. Il doit être aussi fatigué que moi...
Aux environs de neuf heures du matin...
POV Bill
Ma façon d'exposer mes explications est si lâche. Tout comme mon acte. Mais, je n'aurais pas pu le lui avouer d'une autre manière. Je n'ai pas le courage de le lui dire en face. Je n'y arrive pas.
Les traits laissés par mon crayon témoignent de mes émotions et de mes sentiments. Mettre tout au clair, ainsi, sur le papier me force à assumer ce que j'ai fais et ce que je vais faire. Mes mots mêlés avec maladresse les uns aux autres montrent, malgré moi, que je n'y parviens pas parfaitement.
Je peine à écrire les dernières phrases. J'ai la gorge serrée. J'ai mal au c½ur. Je l'ai trahi. Et, il l'ignore encore...
Une de mes larmes tombe, se perd puis disparait sur le papier. Je ne veux pas les retenir. Je ne mérite qu'elles...
Je pose le crayon sur le bureau, après avoir écris cette petite phrase. Cette si petite phrase, toute simple, mais à laquelle on impose tant de valeur ...
J'éteins la lampe, puis me lève de cette chaise. Je regarde une dernière fois Tom. Il a l'air paisible, sur un petit nuage... J'abaisse mes paupières, gorgées d'eau salée, et finis par quitter sa chambre.
Je n'aurais vraiment pas pu le lui dire autrement...
Aux environs de dix heures du matin...
POV Tom
Je soupire de mécontentement. J'aurais pu profiter de quelques heures supplémentaires... On aurait dut fermer le voler roulant avant de s'endormir.
Je ne suis pas tout à fait décidé à me lever. Je recherche à l'aveuglette son corps qui a dut glisser de l'autre coté du lit durant la nuit. Je veux encore sentir sa peau contre la mienne. J'ai besoin de sa chaleur et de sa douceur. Sans le réveiller. Juste pour profiter de sa présence...
Je le cherche mais ne le trouve pas. J'ouvre les yeux. Il n'est pas là. Je soupire. Il doit certainement être dans la salle de bain. Il aurait pu me réveiller...
Je prends mon courage à deux mains et me défais des draps. Je me lève, enfile un boxer, et sort de la chambre. J'ouvre la porte de la salle de bain. Il ne s'y trouve pas. Je râle. Il est peu être à la cuisine, avec ma mère.
Je descends les escaliers et rentre dans la pièce. Ma mère est en train de faire des crêpes. L'odeur sucrée embaume la pièce et mes poumons. Elle me sourit.
Je m'avance vers elle et lui dit :
Tom :- Bonjour. Mm... ca a l'air bon...
Elle me répond :
La mère :- Bonjour. Tu as bien dormi ?
J'hoche la tète et fais glisser un de mes doigts sur le rebord du bol.
Elle rouspète :
La mère :- Tom ! Ca ne se fait pas ! Il n'y en aura plus après !
J'hoche les épaule et me resserre ; Elle lève les yeux en l'air.
Je lui demande :
Tom :- Tu sais où se trouve Bill ?
Elle me répond, avec le même ton de voix :
La mère :- Ben non, comment veux tu que je le sache !
Je fronce les sourcils. Je me demande où il peut être. Je sors de la pièce, en lui disant :
Tom :- Je reviens, je vais le chercher !
Je regarde au salon. Il ne s'y trouve pas. A part cet endroit, il n'y en a plus d'autre. Je remonte les escaliers et vais dans ma chambre. Je soupire. Il aurait pu me prévenir qu'il rentrait chez lui au lieu de partir comme un voleur.
J'ouvre la fenêtre et regarde à travers elle. Les volets de sa maison son fermés. La voiture est dans le garage vu qu'elle n'est pas dans la cour. Je ne suis pas sur qu'il soit vraiment rentré chez lui.
Je prends mon portable, posé sur la table de chevet, m'assois sur le lit et appelle son fixe. Les bips retentissent, se suivent et je tombe sur la messagerie. Non, il n'est pas chez lui. Sa mère doit probablement encore dormir...
Je vais appeler sur son portable, vu qu'il n'a plus le sien. Elle va peu être me dire où il se trouve. Si elle le sait.
Un bip, deux bips, trois bips, dix bips, Messagerie.
Ce n'est pas possible. Il est injoignable. Il aurait pu au moins me dire où il se trouve. Je ne vais tout de même pas appeler Georg. Il ne doit pas en savoir plus que moi...
Je soupire, pour la énième fois depuis un quart d'heure. Si ca se trouve, il revient dans dix minutes. Si ca se trouve...
Je me lève. Ce n'est pas normal qu'il soit parti comme ca. Je dramatise probablement la situation, mais il aurait pu me prévenir. Je pourrais me mettre à imaginer le pire !
Je m'assois à mon bureau et rappelle sa mère. Même manège. Je crois que je vais laisser tomber. Ca m'énerve.
Je me lève de mon bureau. Je vais rejoindre ma mère en bas. Quitte à l'attendre, autant le faire bien.
Une feuille qui n'était pas là hier attire mon attention. Je la prends. Elle m'a tout l'air d'être une lettre. Je reconnais l'écriture de Bill. Je me rassois et la lis :
« Tom,
Je ne sais pas par où commencer, ni comment te le dire... J'ignore si tu en as douté, où même si tu en as osé en douter ... Mais, excuse moi.»
J'ignore de quoi il parle. Rien ne me dit rien qui vaille. Son écriture est trouble. Je crains vraiment le pire. Il faut que je sache...
« Excuse moi de te le dire ainsi, si tard et sans prévenir. Excuse-moi, de partir. »
Mes yeux s'écarquillent. Qu'essaye-t-il de me dire ? « Partir » peut signifier tant de choses. Mais, pour qu'il s'en excuse ... c'est que son sens doit être grave. Mon Dieu.
« Excuse-moi d'être parti ce matin, à l'autre bout du pays. »
Non. Non. Non. Il n'a pas pu faire ca. Il m'avait dire que ce serait mardi ! Pas avant ! Pas maintenant !
Je chiffonne la lettre, jusqu'à ce qu'elle finisse en boule et la jette à l'autre bout de la pièce. Je lâche un cri témoins de tout ce que je ressens. Je n'ai pas fini de la lire. Tant pis. Là, la seule chose que je ressens est de la colère.
De la colère.
Oui, de la colère.
Comment a t il pu ???
Je prends mon téléphone et compose ce numéro que je connais maintenant par c½ur. Il faut que je lui parle, maintenant. Aucune réponse. Il n'en a même pas le courage...
Je me lève et déplies la lettre. Je dois connaitre la suite ...
« Je sais. J'avais dis que ce serait mardi. Tu m'en veux. C'est certain. J'ai agis comme un lâche. Comme un hypocrite. Un sale hypocrite.
Tu dois te dire que je n'avais aucune raison de te mentir. Mais, lorsque j'ai sus que la date de mon départ serait plus proche, je n'ai pas pu te l'avouer. Je n'en ai pas eu le courage. Je sais. C'est lâche. »
Je me rassois, pour la énième fois. Il regrette. Mais, il est parti. Et, je ne peux m'empêcher de lui en vouloir. Je pose mes coudes sur le bois et pose mon front sur mes mains.
Je n'arrive même pas à pleurer, tant ma colère est supérieure à ma tristesse. Je sais que ce n'est pas une séparation. Mais, je ne le reverrais plus comme avant. Cette nuit fut la dernière avant un moment.
Il vient de partir. Et, malgré toute cette haine, je souhaite déjà son retour. Je lui en veux beaucoup mais, il me manque déjà...
Je continu à lire. A lire ce qu'il a à me dire...
« Tom, je t'aime. Je sais que ces mots ne changeront rien à ce que tu ressens en ce moment même. J'en ai conscience. Mais, je tiens à te le dire.
Si tu savais comme je m'en veux, comme je regrette. Pleins de fois, j'ai faillis te l'avouer. Des tonnes de fois, crois-moi.
Mais, je n'y suis pas parvenu. »
Les lignes défilent. Ses mots se cognent. Les miens s'écrasent. Je ne sais que dire, que penser. Je me sens si mal. Ma gorge est si serrées...
Je veux juste qu'il me dise que c'est une mauvaise blague, qu'il se trouve derrière moi et qu'il me prenne dans ses bras.
Juste ca.
Mais là, c'est beaucoup trop demander...
« Si joins, un ticket de train. Il fonctionne à n'importe qu'elle heure, n'importe qu'elle jour de ce mois. Viens dés que tu le peux, dés que tu le veux. Je serais là.
Je t'attendrais,
Je regrette plus que tout.
Je t'aime plus que tout.
Bill. »
Je prends mon portable et l'appelle une nouvelle fois. Comme je m'en doutais, il n'a pas décroché. Mais là, je lui laisse un message vocal. Il sera bien obligé de l'écouter.
Tom :- Je viens de lire ta lettre. Et... rappelle-moi. S'il te plait. Rappelle-moi. !
Je soupire et m'abat sur mon lit. Son odeur y est encore présente.
J'aurais du lui dire qu'e je l'excusais, que je l'aimais, et que je ne lui en voulais pas.
Je n'ai pas pu en dire d'avantage. C'était beaucoup trop contre mes sentiments...
J'éteins mon portable. Je ne veux pas l'entendre. J'ai beaucoup trop peur de ma réaction, de ce que je vais lui dire.
Il vaut mieux fuir, que s'emporter, ou, encore pire, que mentir.
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
Voilà. Le dernier chapitre de sadxdayxfic...
J'espere qu'il vous a plu. Ce serait vraiment domage que ce soit le contraire.
Que pensez vous de ce que bill a fait?
Y avez vous pensez?
Je vous retrouve la semaine prochaine =)
___________________________________*****Jeth*****

